Thermodynamic-mac
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le terme entropie n’inspire pas de bons souvenirs chez ceux qui l’ont abordée en milieu scolaire. C’est probablement la grandeur courante considérée comme la plus absconse d’une discipline nommée thermodynamique; discipline que le physicien allemand Arnold Sommerfeld décrit parfaitement :
La thermodynamique est un truc marrant :
- La première fois que vous l’abordez, vous ne comprenez rien.
- Le seconde fois que vous l’abordez, vous pensez tout comprendre, sauf un ou deux points.
- La troisième fois que vous l’abordez, vous savez que non, vous n’avez rien compris, mais ce coup-ci vous avez l’habitude et vous n’en avez plus rien à fiche.
texte original
En fait, c’est la manière d’aborder cette discipline, la manière statistique, qui complique considérablement les choses.
On vous parle de température, de chaleur, d’énergie (jusque là c’est facile), puis de ce truc (l’entropie) qui caractérise un système, mais qui ne décroit jamais. Qui a rapport avec le désordre. Qui explique que le mouvement perpétuel n’existe pas. Vous ne savez pas exactement ce que c’est, mais vous allez faire plein de calculs compliqués autour de ça.
Et c’est dommage parce que l’entropie est un concept des plus intéressants.
L’ouverture de Ludwig B.
Avec Ludwig Boltzmann, tout devient simple :
Fi des statistiques, le physicien sort sa loupe et s’intéresse aux micro-états.
Pour comprendre, intéressons-nous à la cuisson des pommes sarladaises :
Supposons que vous soyez maladroit (hypothèse 1) mais pas trop (hypothèse 2) et que vous fassiez cuire des pommes de terre en tranche dans une poêle.
L’idéal est que chaque tranche soit cuite sur ses deux faces. Pour retourner les tranches, vous n’avez droit qu’à manipuler la poêle (spatule interdite).
- Au départ, toutes les tranches sont crues, et la cuisson commence bien.
tout est en ordre.
- Puis vous remuez la poêle de manière à retourner les patates. Chaque tranche a une chance sur deux de se trouver sur sa face non grillée (vous êtes maladroit, par hypothèse 1). Et donc, il y a dans la poêle un mélange de tranches dans le bon sens, et de tranches dans le mauvais sens. Mais comme vous n’êtes pas trop maladroit (par hypothèse 2), il y a davantage de tranches dans le bon sens.
c’est un peu en désordre.
- Vous cherchez à corriger le tir, secouez à nouveau la poêle, pour tenter de mettre toutes les patates ou presque dans le bon ordre. Le résultat est pire qu’avant.
c’est un gros désordre.
- Si vous renouvelez l’opération, ça ne changera rien: il y aura toujours à peu près une tranche sur deux d’inversée.
vous avez atteint le désordre maximal.
Si les patates s’étaient collées les unes aux autres dès le départ, les choses auraient été différentes. Il était facile de toutes les retourner à la fois. Mais les tranches sont libres.
Trente tranches dans une poêle représentent 230 = 1 073 741 824 états possibles.
Et si les patates étaient coupées en dés (6 faces), on aurait 630 = 221 073 919 720 733 357 899 776 états possibles.
L’entropie représente la capacité d’un truc à atteindre un niveau de désordre maximal plus ou moins élevé, et dépend du nombre d’états possibles. Et comme le nombre d’état croit exponentiellement avec le nombre de patates, on utilise le logarithme pour retrouver le nombre de patates à partir du nombre d’états.
Car l’entropie compte en fait les patates. C’est pratique, parce que si on a deux poêlées, l’entropie des deux poêlées ensemble est la somme de l’entropie de chacune des poêlées.
Bref, sur la tombe de Boltzmann est écrit S = k ln W, maintenant vous savez pourquoi.
Revenons à notre cuisson :
A chaque transformation (on remue la poêle), la probabilité de désordonner est supérieure à celle d’ordonner. Et on aboutit petit à petit au désordre maximal.
- Si le désordre maximal est faible (patates collées), il est possible de revenir en arrière.
- S’il est élevé, c’est « presque impossible » au sens des probabilités, et c’est impossible en vrai. On dit que la transformation est irréversible.
Équivalence patate énergie
L’énergie d’un truc peu aussi être décomposé en diverses formes d’énergie. Des formes ordonnées comme l’élan du truc, ou désordonnées lorsque par exemple des particules de ce truc tournent sur elles-mêmes. Alors, cette part désordonnée de l’énergie n’est pas récupérable, est gâchée. Plus il y a moyen de placer de l’énergie sous forme désordonnée, plus le truc a une entropie élevée.
Si tout est bloqué, immobile, collé, à -273°C par exemple, le truc a une entropie nulle.
Mais plus on secoue le truc et plus on risque de donner la liberté à des particules, qui vont en profiter pour stocker égoïstement de l’énergie dans leur coin. J’ai bien dit « on risque », parce que selon la nature du truc, on gâche plus ou moins l’énergie qu’on lui donne.
Illustration :
- Dans le cas du bocal en plastique, la structure moléculaire est très élastique, et est conservée pendant l’élongation. L’énergie de la chute est facile à récupérer. Ainsi le pneu a permis le développement de la bicyclette en améliorant son rendement énergétique.
- Dans le cas du verre, une fois la rupture atteinte, beaucoup de morceaux sont libérés, et chacun part avec son bout d’énergie pour le dilapider en frottements.
D’une manière générale, plus la structure d’un truc est faible, plus il y a de niches à énergie « égoïste », plus son entropie est susceptible de croître, et plus ça gâche de l’énergie. Et à partir de quelques particules libres, on est déjà dans ce cas.
- Ceci explique pourquoi, à l’échelle « humaine » de la mécanique, le mouvement perpétuel n’existe pas. A chaque transformation, on gaspille un peu d’énergie, et le mouvement s’arrête quand tout est converti en chaleur.
- Si le truc est simple, fortement structuré, très petit, on a plus de chance d’éviter le gâchis d’énergie. On peut alors voir, dans les nano-technologies, une clef importante pour la sobriété énergétique.
Time
La puissance du concept d’entropie est telle que c’est grâce à elle qu’on explique l’existence du temps (qui s’écoule).
- Du point de vue de la physique, si l’on considère l’univers comme une grosse poêle remplie de trucs divers (dont les patates sarladaises évidemment), on admettra que chaque transformation même infime conduit à un niveau de désordre supplémentaire. Par conséquent, sans retour possible. Le temps ne recule pas, ne bégaye pas, et s’écoule continument dans le même sens. On appelle ça la flèche du temps thermodynamique.
- Du point de vue psychologique, Stephen Hawking a cherché à établir un lien entre la mémorisation et ses conséquences en dépense d’énergie, mettant ainsi la flèche du temps psychologique dans le même sens que la flèche thermodynamique. Ainsi, on se rappelle le passé, mais non l’avenir. Cette approche peut sembler un peu tordue. Cependant la notion d’avant et d’après, et notamment le discernement entre leurs interprétations temporelles et spatiales, sont très liés au culturel, voire altérés par la dyslexie. Passer par le mémoriel évite ce piège.
Extension du domaine de l’entropie
Le concept d’entropie, parce qu’il apporte à la fois la notion d’irréversibilité et celle de complexité, a fait l’objet d’analogies dans des domaines très variés. Quelques exemples :
- Le mathématicien Claude Shannon a développé une théorie de l’information codée par des signes, sous forme binaire par exemple, dans laquelle l’entropie représente la quantité d’information du message. Sans rentrer dans les détails, disons qu’il n’est pas une communication numérique, un codage digital, un algorithme de compression ou de traitement du signal qui ne s’appuie sur les travaux de Shannon. Un grand monsieur. La notion d’entropie de l’information explique par exemple pourquoi le code morse utilise un seul signe pour le « e » et quatre pour le « q », pourquoi chaque métier a son jargon, ou en quoi le langage SMS est bon pour l’environnement.
- Dérivée de l’entropie de Shannon, l’entropie écologique, ou encore indice de Shannon, mesure la biodiversité d’un ensemble de spécimens, en se basant sur leur distribution. L’entropie quadratique, dérivant de cette notion, prend en plus en compte la dissimilarité entre les individus pour calculer cette diversité. Ces notions vont probablement se développer dans les décennies à venir.
Parmi les analogies les plus inquiétantes, au sens de ce qu’elle trimballe de totalitarisme, est la notion d’entropie sociale. Celle-ci considère qu’une société est structurée par une organisation sociale.
- L’entropie sociale mesure la décomposition de cette organisation en observant, entre autres, la disparition des distinctions sociales. Et elle représente l’énergie nécessaire pour maintenir cette organisation, grâce aux institutions, à l’éducation, voire aux média.Lorsque l’entropie est maximale, c’est l’anarchie.
Si le système est isolé, c’est à dire sans qu’on lui injecte de l’énergie, ce qui implique notamment un accès au pétrole à bon marché, ce système perd sa cohérence et bascule dans l’anarchie. Cela qui met le pic pétrolier au cœur du débat…
Cette théorie fumeuse fait partie des scories du domaine assez douteux des sciences prédictives. Elle s’appuie sur une analogie formelle et pas toujours explicitée entre la sociologie et la thermodynamique. Mais elle exprime, je trouve, l’angoisse propre à la civilisation occidentale face à l’éventualité de disparition d’une certaine forme de gavage.
Libre
L’analogie qui me semble pourtant la plus naturelle, puisqu’on aborde avec l’entropie des thèmes comme la liberté ou le désordre, la transformation et le temps, est l’évolution des opinions. Ce qu’on pourrait appeler l’entropie idéologique.
Aborder un thème sociologique par une vision statistique m’a toujours posé problème. Mais si l’on raisonne au niveau de l’individu, c’est à dire que l’on s’intéresse à son libre arbitre, sa capacité à développer sa propre pensée, il me semble que l’on ne s’éloigne pas trop de la réalité.
Considérons alors que l’individu,
- par son accès croissant à l’éducation,
- assimilée grâce au développement de l’esprit critique – le rôle de la pub et/ou de la propagande dans le développement contemporain de l’esprit critique est considérable, bien qu’involontaire, en générant des « anticorps » au matraquage ,
- et nourrie par un nombre croissant de sources d’information – internet, réseaux sociaux,
considérons donc que cet individu pense de plus en plus par lui-même, et sur la base de données indépendantes.
On peut alors en déduire que son « degré de liberté » va s’accroitre, que son opinion est de moins en moins prédéterminée, bref qu’un groupe de personne va représenter une plus grande diversité idéologique.
Dans une telle évolution, on pourra alors observer tout ce qui fait justement le concept de l’entropie :
- une complexité de société croissante, liée à la diversité idéologique,
- une plus grande difficulté à convaincre les foules, donc à canaliser idéologiquement les personnes
- et ce de manière irréversible, car la mémoire conserve l’idée et l’envie de liberté.
Si cette évolution est inéluctable, on peut alors en tirer les conclusions suivantes :
- Il existe une évolution irréversible des opinions qui tend vers une indépendance maximale : L’Histoire des idées suit la flèche du temps.
- Les grands mouvements idéologiques collectifs, comme à l’époque de la lutte des classes, ne se reproduiront pas.
Du point de vue politique, croire à cette hypothèse conduit bien évidemment à changer radicalement de stratégie. Les discours collectivistes sont caducs. Et même, la démocratie à travers le suffrage majoritaire n’est plus qu’une coquille vide, inerte. Et il faut donc imaginer d’autres manières de convertir des idées en progrès social.
Pour cette raison (tout ça pour ça…), je suis convaincu que l’expression des changements les plus signifiants dans notre société ne se feront plus au travers des grands soirs, des victoires électorales, ou d’autres formes populaires d’action de masses.
Ou parce que l’évènement tant attendu n’arrivera jamais, ou parce que l’évènement qui arrivera ne peut être qu’un malentendu.
Il faut donc organiser notre société sans la nécessité du recours à la majorité, et donc de manière à ce que les bonnes volontés (source d’énergie) puissent s’exprimer individuellement ou en minorités. Travailler à un niveau plus faible d’entropie, pour pouvoir en récupérer les fruits.
- La multiplication des associations conforte cette idée.
- La capacité des phalanstères à générer davantage de social l’exprime également.
- La proposition de légalisation d’accueil d’un étranger allait dans ce sens.
Inversement :
- L’échec de la construction européenne constitue un exemple malheureux du sort de ceux qui ignorent cette évolution. L’entropie idéologique européenne semble bien être arrivée au taquet.
- L’ONU est un autre exemple de paralysie entropique…
La liberté individuelle est peut-être trop récente pour que nous ayons les bons outils pour en profiter. Ça viendra.
Irréversible. C’est le concept.
Article publié sur AgoraVox le 13 février 2010
Supposons que vous soyez maladroit (hypothèse 1) mais pas trop (hypothèse 2) et que vous fassiez cuire des pommes de terre en tranche dans une poêle.
prem’s !
je suis complètement thermodynamique / phase 1.
Deuz’
comme je suis en phase 2 de l’étude de la thermodynamique, je trouve ton billet vraiment bien, mais ne serais tu pas le fils caché d’Henri Laborit?
Là, pour le coup, Laborit n’y est pour rien.
C’est bêtement le fait que j’ai bouffé de la thermodynamique « à l’ancienne », et que c’est bien après que j’ai revu ça à travers Boltzmann.
Quant à Shannon, j’ai tout de suite accroché. Je n’ai pas trop développé, mais c’était vraiment un génie.
Bref, on m’a inoculé le concept.
La suite, c’est la constatation qu’il est de plus en plus difficile de réunir du monde autour d’une idée. Et j’essaye de comprendre pourquoi.
je parlais de Laborit parcequ’il a aussi étudié le phénomème d’entropie ( et pas seulement d’un point de vue de la physique pure et dure). mes » connaissances » en thermodynamique sont assez limitées ( via des lectures de S. hawking, ) . en tout cas, tu poses une bonne question:
« La liberté individuelle est peut-être trop récente pour que nous ayons les bons outils pour en profiter. »
Excellente explication de l’entropie! L’analogie entre la thermodynamique et la vie sociale est intéressante… même si ça reste une analogie.
Je partage l’idée que la volonté d’émancipation individuelle diminue la cohésion d’ensemble et rend la collectivité de moins en moins gouvernable de manière centralisée. Quid de la responsabilité individuelle dans votre analogie? ;-)
Sur « l’échec de la construction européenne », je suis moins d’accord: voilà 65 ans que nous ne nous sommes pas tapés dessus entre Allemands, Français et Anglais… c’est déjà pas mal, nan? Et dans quel état serions-nous si nos hommes politiques n’avaient eu le prétexte de l’Europe pour faire passer des mesures dont il n’avaient pas le courage?
Difficile de refaire l’histoire, je vous le concède.
Sur la construction européenne, reconnaissons que rendre impossible toute guerre entre pays membres est l’expression de la volonté de 99% des Européens. Ce n’est donc pas étonnant que l’institution européenne y soit arrivée.
Reste la limitation des déficits, qui était une garantie pour les générations futures, et qui a été mise à mal au moindre coup de semonce de la crise.
thermodynamique phase 3 irréversible.
Après avoir relu 3 fois l’article, je suis thermodynamique phase 1 et 3, tendance patate souvent dans le mauvais sens.
Article ge9nial! Je fais ma premie8re annee de medecine et la naseime derniere, j’ai eu deux cours sur la thermodynamique e0 la fac’. J’ai eu bien du mal avec; ce qui me manquait c’e9tait une explication simple de que c’est concretement, la thermo et e0 quoi elle sert, et ce qu’elle met en jeu. Je l’ai trouve9e ici donc, voile0 simplemement pour vous dire merci.
super intéressant et il me semble avoir compris en gros – la preuve que c’est super bien expliqué !
mais quand tu parles du développement de l’individu, je suis pas top d’accord avec ton idée du développement de l’esprit critique…
C’est un point sur lequel je m’interroge, et notamment pour ce qui concerne les influences positives et négatives de la pub, de la télé, du marketing et d’internet.
Il me semble que les générations jeunes la jouent plus individuel, et que c’est lié à notre environnement médiatique qui favorise la méfiance.
Ce n’est peut-être pas de l’esprit critique constructif, mais c’est une comportement probablement moins prédéterminé qu’avant.
Mais la peur et l’envie ont toujours des influences sur les masses.
je pense qu’ils ont carrément intégré tout ça – opur eux c normal, ça fait partie intégrante de leur vie, et comme c’est intérieur, c’est pas remis en question…
Belle évocation de Sadi Carnot Dans un épisode de la série « La légende des sciences » de Michel Serres et Robert Pansard Bresson ( sur le serveur à Cyp), et comment on brûlat tout ce qu’il avait touché et donc aussi son travail, ses notes, compte rendus et écrits. Heureusement, il avait publié l’essentiel de son travail. Travail passé largement inapercu d’ailleurs à l’époque.
Euh ! Moi c’est par Ilya Prigogine, (le grand réconciliateur), que j’ai abordé la thermodynamique et les phénomènes entropiques.
Quand à l’entropie politique, elle passe d’abord par l’entropie sociale ( Là, il y a du boulot, et du complexe ! :-). L’une découle de l’autre et pas l’inverse.
Prigogine est intéressant, et j’ai découvert un peu suite à des commentaires sur Agoravox.
J’ai toutefois un peu de mal avec ces explications sur les phénomènes hyper-complexes ou en contradiction avec l’entropie :
- nommer un nœud ne signifie pas que l’on sait le dénouer. Je veux dire par là que la description n’implique pas la réduction nécessaire à la compréhension.
- parler de phénomènes méta-stables qui ne suivent apparemment pas les lois habituelles de l’entropie est un peu casse-gueule, puisque la notion même de temps est liée à l’entropie.
Mais il faut (faudrait) que je creuse davantage mes connaissances sur Prigogine.
Après avoir relu 3 fois l’article, je suis thermodynamique phase 1 et 3, tendance patate souvent dans le mauvais sens.
Merci pour votre article. Je suis assez fan de ce concept d’entropie depuis que je l’ai découvert dans le livre de Philippe Breton : L’utopie de la communication. Paris : La Découverte 1990. pendant mes années d’université en communication politique. J’ai quelques notions de sciences et un grand intérêt là dedans même si je ne comprend pas grand chose. On y aborde la cybernétique de Norman Wiener. En fait le concept de thermodynamique a été appliqué, en théorie de la communication, pour montrer que dans la transmission d’information, il y a du « bruit », et que le schéma de Shannon n’était pas s simple. Avec ce bruit, il y a des pertes.
Je suis parti dans l’écologie ensuite et j’ai toujours voulu mélanger les notions de complexité, d’auto-eco-organisation d’Edgar Morion (Introduction à la pensée complexe), de théorie de l’information et d’entropie, pour tenter d’expliquer en partie l’évolution sociale, notamment par la différence quantitative et qualitative entre la communication publique et la communication privée, qui n’ont pas les mêmes finalités.
Votre article, et tous les commentaires qui ont suivi sur Agoravox (sauf celui sur les mathématiques où j’ai un peu laché l’affaire) m’a fait me rappeler du Livre de Georgescu Roegen, sur la décroissance, en 1976 je crois, dont le concept d’entropie économique est dans la lignée de ce que vous dîtes.
Bref tout ça pour dire que si un jour vous venez à Paris, je serai ravi de vous rencontrer et d’échanger avec vous.
Merci encore pour votre article.
Sébastien
[...] C’est la mutualité des rapports, native au web, qui changera la donne. A la toile technique, géniale création qui assure une immunité parfaite aux pannes de réseau grâce à son absence totale de hiérarchie, se superpose la toile intelligente des liens. Elle est caractérisée par une infinité de points d’observation, une évolution permanente des connexions, et une interactivité croissante sur les contenus. Parallèlement, les courants d’opinion sont atomisés, écrasés par la multitude, victimes finalement de l’entropie idéologique, déjà abordée ici. [...]
Comme Jourdain d’1m74, je ne dis pas mes patates sont ordonnées quand elles sont uniformes en début de cuisson et désordonnées à la fin mais exactement le contraire. Les ordres ne naissent ils pas des différences et de la complexification et la monoculture intensive n’est elle pas le véritable désordre?
Merci pour ce moment de vulgarisation à présent je retourne dans mes ordres…
L’entropie n’est pas forcément une notion négative ;o)
D’ailleurs, l’entropie écologique l’illustre bien :
http://www.worldlingo.com/ma/enwiki/fr/Entropy_%28ecology%29
(et merci d’être passé)